Ce samedi 9 février prenait lieu la rencontre retour en nationale 3 du JSBaudour contre Mouscron. Les Baudourois, bien positionnés dans le classement, ont accueilli leurs adversaires avec les 3 points comme objectif principal. A contrario, les bleus, privés ponctuellement de plusieurs joueurs dont leur capitaine et leur coach, sont arrivés avec l’idée de prendre du plaisir dans le jeu, une consigne importante qui leur fait parfois défaut dans les matchs à enjeu. C’est donc accompagnés de Jérôme Hermand et d’Adrien Vanmoortel venu se former à l’utilisation des feuilles de match électroniques que les Mouscronnois sont allés défier Baudour sur leur propre terrain.

Le premier set est plein de bonnes surprises et d’espoir, puisque jusqu’aux alentours des 15 points, les visiteurs dominent, parvenant à créer une bonne agressivité au service qui leur donne plus de souffle de jeu. Le bloc est bien placé et les réceptions et relances sont propres, un début de bon augure, donc. Mais c’était sans compter sur le mental des Baudourois, qui se remettent d’aplomb à la fin du set et parviennent, avec l’aide de plusieurs fautes mouscronnoises, à décrocher les 25 points en premier. Premier essai raté, le deuxième set sera l’occasion de se surpasser.

Malheureusement, la dominance adverse reste instoppable et déterminée. Le début du deuxième set ressemble trop à la fin du précédent et les visiteurs commettent trop d’erreurs directes, se mettant eux-mêmes en difficulté, ce qui n’arrange pas les choses. L’écart se creuse et s’achève à 25-15. Le moral tombe un peu, il faudra faire fort pour renverser la balance.

C’est sans trop d’étonnement que le troisième -et dernier- set se déroule presque à l’identique du deuxième. Avec peu de changement possible, la seule solution est de diversifier le jeu, mais en restant attentif à l’offensivité Baudouroise. Les centraux ainsi que certains ailiers se démarquent et mettent en péril les derniers espoirs des bleus, coup de sifflet final : 25-16.

Malgré une envie présente dans le premier set, c’est sans trop de bavures que le JSB a remporté son 2e tour, se renforçant dans sa position au classement. Le prochain événement sur lequel il est maintenant important de se concentrer est le match contre le Skill qui se déplacera jusqu’à Mouscron le 16 février pour une rencontre retour présentant beaucoup d’enjeux, aussi bien pour le classement que pour l’envie dont devront faire preuve les joueurs jusqu’à la fin de la saison.

Ce dimanche après-midi, la nationale 3 mouscronnoise rendait visite aux joueurs d’Enghien, contre qui elle s’était inclinée lors du match aller sans opposer trop de résistance. La prestation des bleus a grandement changé depuis, puisque la victoire a failli surgir au bout de 4 sets. Malgré un tie-break difficile à remonter et par la suite, la défaite, les visiteurs sont beaucoup plus satisfaits de leur jeu et de leur combativité.

C’est dans une salle en ébullition (les chauffages fonctionnaient très bien) que s’est déroulée la rencontre entre les deux formations au coude à coude dans le classement, possédant toutes deux un score de 21, avec un match joué en plus pour Mouscron. Pour se distinguer de l’autre, chacune des équipes devait prendre le maximum de points, arrivant ainsi à se détacher du dernier tiers dans le tableau des scores. Malheureusement, Enghien ne repartira qu’avec deux points, en en laissant un pour leurs adversaires. L’écart est creusé, mais est encore rattrapable.

De manière générale, on peut dire que des deux côtés du filet, beaucoup de sueur a coulé sur les maillots. Presque aucun ballon n’a été abandonné en cours de route et la combativité des joueurs a pu en impressionner plus d’un, motivant les supporters enghiennois à ramener du public et une grosse caisse. On peut cependant remarquer la présence de plusieurs fautes directes, autant du côté mouscronnois (ce qui leur fait par exemple commencer le match avec 5 points de retard) que du côté enghiennois (beaucoup de services ratés aux 2e et 3E sets).

Les grandes forces d’Enghien ont été d’une part leur taille au bloc, qui a obligé les ailiers adverses à jouer les mains plus qu’à l’ordinaire, et leurs services agressifs, qui ont plus d’une fois mis en déroute la réception mouscronnoise. Parallèlement à cela, les avantages des visiteurs ont été de faire preuve de pas mal de lucidité sur l’organisation du plan d’attaque, sur la propreté au service et la mobilité en défense. En contrepartie, les Mouscronnois se sont tout de même vus passer par des phases plus difficiles qui leur ont coûté cher, comme à la fin du 4e set, où la victoire n’était plus qu’à un point, mais où le bloc n’a pu empêcher les offensives adverses. Le tie-break n’a pas fait sujet à discussion, puisque Enghien a su dominer le jeu tout au long de leur ascension jusqu’aux 15 points.

Au final, l’équipe est déçue de ne pas avoir réussi à décrocher les 3 points, qui paraissaient tellement accessibles pendant le 4e set, mais se dit très satisfaite de la hargne qu’elle a montré tout au long du match, ce qui n’est pas le point fort habituel de la N3. D’autres matchs importants sont à venir et il sera bon de se remémorer les sensations éprouvées lors de ce match pour aller chercher plus de volonté et de niveau de jeu.

Depuis la fin de la saison dernière, Manu Hagnere a pris les rennes de la Nationale 3 messieurs du PVTM. Originaire de Berck sur mer dans le nord de la France, il exerce de multiples activités professionnelles. Manu forme des jeunes et moins jeunes aspirants éducateurs sportifs. Il dispense des cours de communication à la faculté catholique de Lille et gère avec une amie une société spécialisée dans l'événementiel. De plus, il participe à des commissions de formateurs pour le ministère des Sports en France. Fils d'un volleyeur de bon niveau et petit-fils d'un président de club, Manu a eu dans les mains un ballon de volley dès le plus jeune âge. Tout petit, il joue au volley près du Touquet: "Il y avait un centre de beach-volley permanent à Bergues sur Mer pendant l'été. Au lieu d'aller au centre de loisirs, j'allais au centre de beach-volley, c'était top! Après j'ai commencé à jouer au Touquet en club. J'y ai joué dans les équipes de jeunes puis les équipes séniores avant de mettre le volley entre parenthèses pour faire mes études. Je n'ai pas complètement arrêté. Je jouais sur Lille, mais c'était plus pour m'amuser qu'autre chose. Je n'avais pas le temps de m'entraîner sérieusement." Très (trop) jeune, Manu a été obligé d'arrêter de jouer: "Je jouais à la passe, mais j'ai été contraint d'arrêter, j'avais des problèmes de cheville, je me blessais très souvent." 

Après ses études, Manu s'exile en Angleterre pour des raisons professionnelles. Cependant, son entourage lui manque et il décide de revenir dans son Nord natal: "J'étais jeune, ma famille et mes amis me manquaient alors j'ai tout plaqué et je suis rentré en France. J'ai travaillé à divers endroits sans que ça me plaise beaucoup. Au hasard d'un match de Valenciennes, l'ami qui m'avait emmené voir le match m'a présenté le président. Nous nous sommes revus quelques fois par après et il m'a dit que le club cherchait quelqu'un pour dynamiser la section 'amateur' du club. À l'époque je n'avais pas vraiment d'expérience d'entraîneur. J'avais un peu entraîné au centre de beach-volley quand j'avais 16-17 ans durant les étés, mais c'était tout." Manu s'est donc formé pour devenir entraîneur diplômé: "Entre 2005 et 2009, j'ai passé tous mes diplômes d'entraîneurs qui m'ont permis d'être salarié dans un club et entraîner à tous les niveaux en France". Pour l'anecdote, si Manu peut légitimement être sur le banc en Ligue B en temps qu'adjoint ou coach principal en Nationale en France, son cursus n'est pas reconnu par la FVWB...

Le parcours, en dehors des terrains, de Manu a commencé en 2007. Pendant 11 ans, il sillonne la France du nord au sud et d'est en ouest tantôt comme entraîneur des jeunes, tantôt comme entraîneur ou assistant d'équipes séniores chez les messieurs et dames. Il passe même par les postes de chargé de communication ou encore de directeur technique. En fin de saison 2017-2018: "Nous cherchions un club proche de la maison pour Laure reprendre le sport après sa grossesse. Je prends contact avec Rémi Martinez que je connais, je l'appelle et le soir même on se retrouve au Jacky Rousseau et on me propose le poste d'entraîneur des N3 messieurs. À ce moment, je n'ai pas encore fini avec les filles à Marcq, je ne donne pas tout de suite mon accord, mais c'est clair que c'est juste à côté de la maison et que ça m'intéresse. C'est un nouveau challenge et je finis par accepter. Je connaissais Gauthier et Martin (partis au Skill à l'intersaison). Martin m'a beaucoup parlé du club et de l'équipe, je sais que je vais les perdre tous les 2 ainsi que Victor. Il faudrait recruter... Bref, ça allait être intéressant! » 

Manu nous parle ensuite de son groupe: "Quand je suis arrivé c'était compliqué. Je me retrouve avec un jeune passeur, j'essaie d'en trouver/former un autre dans l'équipe, mais ce n'est pas évident. Loïc est un peu trop stressé et Giacomo accepte de le faire, mais c'est un sacrifice pour lui. Ce n'est pas un mauvais récep-4 et donc il perd du temps de jeu." Dès l'entame de la saison, Manu avait annoncé que ce serait difficile jusqu'en octobre/novembre: "Il a fallu gérer les ego, demander aux joueurs aguerris d'aider à transmettre leur savoir." Manu se retrouve donc avec un mélange de joueurs de N3 Mouscronnois avec l'apport de quelques jeunes venant de P2 et Manu amène 2 joueurs dans ses valises: "Oui, je connais Simon et Seb depuis longtemps. Simon me téléphone après avoir lu un article dans les journaux en me demandant si on ne cherchait pas un 'vieux' récep-4. Bien sûr, j'accepte tout de suite. Il a quelques problèmes de dos qui l'empêchent de jouer plus haut, mais il a une vista exceptionnelle et il est souvent au bon endroit. De plus, il y a une osmose avec Loïc et il est dans la transmission de savoir. Quant à Sébastien, il jouait dans mon club à Marcq, je l'ai contacté directement. Il avait donné son accord à Comines, mais ça ne s'est pas passé comme il le voulait. Du coup, il m'a téléphoné début septembre en me disant 'je viens'!". Au niveau de l'ambiance: "ça a été compliqué au départ, on n’a pas de passeur confirmé et il y a eu beaucoup d'énervement. J'admire Tom pour sa force de caractère extraordinaire. Je connais beaucoup de jeunes qui auraient plié bagage à sa place. Tom maintient son cap, il progresse bien. Le seul souci c'est qu'on ne le voit qu'une seule fois par semaine et c'est compliqué. Déjà pour sa progression ce serait infiniment mieux s'il pouvait se libérer le mercredi et puis pour le reste de l'équipe, c'est compliqué de faire du service/récep sans passeur (Giacomo étant blessé)." Après le démarrage difficile: "C'est un groupe très festif! La troisième mi-temps a joué un rôle pour souder l'équipe et puis je pense qu'ils ont commencé à entrevoir quelque chose en match. Se dire qu'ils sont capables d'aller se frotter aux plus gros de la série où on n’est pas ridicule. Alors je leur répète d'être patients, pour le moment on grignote des points le temps de régler quelques petits détails qui nous mèneront vers de meilleures performances." 

À propos du niveau de la série, Manu estime: "On ne peut pas comparer à la France, une N3 Belge n'a pas son équivalent avec la France. En ce qui concerne la série elle-même, je la trouve assez homogène. À part peut-être les 2 ou 3 derniers au classement et Baudour qui est sans doute un peu au-dessus, le reste semble se valoir. On verra pour le second tour, le calendrier me semble favorable. On commence par Charleroi en coupe et puis Jurbise qui est devant nous, mais la différence de points est petite. Entre la sixième et la dixième place, il y a 3 points d'écart! Après c'est Villers à domicile et puis la sélection FVWB. Il y a moyen de performer et de monter de quelques places au classement. Le comité m'a demandé d'assurer le maintien voire un peu mieux selon le recrutement, on s'en approche."

Quel est le bilan sportif tiré par Manu après ces 5 mois passés à la tête de la N3? "Si on veut continuer à progresser il faut que mes joueurs viennent plus à l'entraînement, clairement il faudrait que Tom soit là plus souvent et que les autres étudiants ne loupent pas l'entraînement du vendredi. Avoir 1 seul entraînement par semaine c'est déjà trop peu. Il faut absolument se débrouiller pour être présent à chaque fois. Sauf cas de force majeure, je pense que quand on veut on peut! Sinon, sportivement, je trouve que ça ne tourne pas mal. Il y avait un groupe assez large, on va voir ce qu'on peut faire l'année prochaine en terme de passerelle. J'aimerais bien faire monter Martin et peut-être l'un ou l'autre joueur au moins à l'entraînement, mais ce n'est pas encore défini."

Du point de vue du classement "on est dans les clous, on a pris une petite avance sur nos poursuivants directs. Il y a encore quelques matchs qu'on peut gagner sans trop de difficulté avec un peu plus de régularité. Maintenant ça y est, on commence à jouer 3 sets. Contre Sporta Bruxelles on gagne 3-2 en jouant bien 1 set sur 2. On gagne parce que c'est dans le bon sens, on a perdu d'autres matchs 2-3 parce que c'était dans le mauvais sens..."

Manu est satisfait du caractère de ses joueurs: "Maintenant ça va, c'est une équipe avec un super caractère. Parfois ça a été compliqué à gérer, mais ça commence à aller. Les joueurs qui jouent la gagne ont parfois des mots durs, mais en général, ça va.

Quant au match réserve "il m'ennuie plus qu'autre chose. On n’a pas vraiment d'équipe type et d'équipe réserve. Je n'ai pas le groupe qu'il faut pour l'utiliser correctement. Maintenant je prends Martin, ça lui fait de l'expérience, mais sinon chaque joueur est susceptible d'évoluer avec l'équipe première. 3 sets c'est trop, 2 ce serait bien."

Au jeu du pronostique Manu est: "... confiant pour le prochain match de championnat contre Jurbise à l'extérieur. Il reste 10 matchs. Je nous vois encore prendre 18 points ce qui nous mènerait à 33! "

Si Manu gardait le même groupe il pense "...qu'on démarrerait déjà bien mieux la saison. On prendrait quelques points en plus et on jouerait plus cool. Mes joueurs devront s'écouter un peu plus, quand je dis écouter je veux dire se comprendre, pas juste entendre."